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Démographie médicale : baisse alarmante des médecins généralistes.

by MédecinGeek

Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a présenté sa 8e édition de l’atlas de la démographie médicale, qui fait état d’une baisse préoccupante de la démographie des médecins généralistes, sur fond de stabilisation des effectifs médicaux, au global.

Le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), a tiré la sonnette d’alarme lors de la présentation de la 8e édition de l’atlas de la démographie médicale*. Si la démographie médicale dans sa globalité reste stable, soit 276 354 médecins dont 198 260 en activité régulière (hors remplaçants et retraités actifs), en baisse de -0,3% en un an, en revanche les effectifs de médecins généralistes continuent de diminuer, pour enregistrer une chute de 6,6% entre 2007 et 2014, et de 0,8% sur un an. Tandis que, comparativement, sur la même période, les spécialités médicales enregistrent une hausse de 6,1%, et les spécialités chirurgicales attirent 6,7% de médecins de plus.

Pire, d’ici 2020, la population de médecins généralistes risque de baisser de 12%, selon les projections de l’Ordre, tandis que celle des spécialités médicales et chirurgicales devrait augmenter de 12%.

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Explosion du nombre de retraités actifs

Si le nombre de MG continue de baisser, le nombre de médecins retraités actif explose : “iIs étaient 2 700 en 2007, ils sont 13 000 en 2014 !” Entre 2007 et 2014 le nombre de retraités actifs a augmenté de 370,8%, tandis que le nombre d’actifs sur la même période n’a progressé que de 1,2%. Ces retraités actifs exercent majoritairement en secteur libéral (85,3%) et à 44,7% sont qualifiés en médecine générale. “Malheureusement, ils sont très souvent installés en zones sur-dotées”, déplore le Dr Patrick Bouet.

Grosse baisse en Île-de-France

Car, si les effectifs médicaux sont stables, une analyse régionale voire départementale fait apparaître de grandes disparités et met en lumière des déserts médicaux. Sur la période 2007-2014, la région Île-de-France enregistre la plus forte baisse de médecins, soit -5%, tandis que la région Pays-de-la-Loire recense la plus forte hausse, soit +5,3%. À l’échelle départementale, l’Indre et la Nièvre (-11,9%), le Gers (-11,5%), la Creuse (-11,2%), le Cher (-9,7%) sont les départements qui perdent le plus de médecins. À l’opposé, la Haute-Savoie (+12,9%), la Loire-Atlantique (+11,7%), le Calvados (+8,1%), le Doubs (+7,9%), l’Ille-et-Vilaine (+7,4%) sont les départements les plus attractifs. Des chiffres à relativiser, néanmoins, au regard de la densité médicale, qui est en moyenne de 297,7 médecins pour 100 000 habitants au 1er janvier 2013. Ainsi, si la région Île-de-France enregistre la plus forte baisse de ses effectifs médicaux entre 2007 et 2014, elle reste la 2e région en termes de densité médicale, derrière la Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), avec 348,4 médecins pour 100 000 habitants. Tandis que la région Pays-de-la-Loire, qui enregistre la plus forte hausse d’effectifs, présente une densité médicale en dessous de la moyenne nationale, avec 253,5 médecins pour 100 000 habitants. La Picardie arrive en queue de peloton, avec 231,2 médecins pour 100 000 habitants.

cnom_datavisu_02web2Attractivité de l’activité salariée

L’exercice salarié attire de plus en plus de médecins. 56,4% des médecins exercent en libéral/mixte contre 57,3% en 2007. En 2020, pronostique l’Ordre, les effectifs médicaux en libéral/mixte tomberont à 55,3%, au profit de l’exercice salarié. Actuellement, les effectifs salariés sont de 86 677, dont 57 069 hospitaliers. À noter également que la part des femmes est passée de 38% en 2007 à 44% au 1er janvier 2014 et enregistre une hausse de 1% sur un an.

Enfin, phénomène nouveau : de plus en plus d’étudiants français suivent leurs 1er et 2e cycles à l’étranger, pour terminer leur 3e cycle en France. Des filières francophones et anglophones en Roumanie mais aussi en Croatie sont créées pour accueillir ce flux d’étudiants. En Roumanie, cette filière universitaire devrait accueillir quelque 4 000 étudiants chaque année. “En un an, le nombre d”étudiants qui partent étudier à l’étranger a augmenté de 27%“, expose le Dr Bouet. Qui promet, sur le sujet, une étude plus précise à la fin de cette année.

Source : Article écrit par Jean-Bernard Gervais 05/06/14 –  HOSPIMEDIA